Depuis la présentation du budget 2026 en France, des mesures d’austérité provoquent une vague de mécontentement parmi les citoyens, qui redoutent des régressions dans les services publics, une dégradation des conditions de vie et une fracture encore plus profonde entre gouvernants et gouvernés. 





 Le gouvernement de François Bayrou avait proposé des économies drastiques (près de 44 milliards d’euros) pour réduire le déficit public. Parmi les mesures envisagées : suppression de jours fériés, contractions dans les dépenses publiques, gel des pensions, etc. Ces annonces ont déclenché une forte opposition. 


Naissance du slogan - et des blocages 


C’est ainsi qu’est né le slogan « Bloquons Tout » (« Block Everything »), lancé sur les réseaux sociaux et adopté comme cri de ralliement par de nombreux groupes – syndicats, citoyens, étudiants – mécontents de ce qu’ils considèrent comme une injustice socio-économique. 


Le 10 septembre 2025, une grande journée de mobilisation a vu des barrages routiers, des perturbations dans les transports, des manifestations dans plusieurs villes, des affrontements avec la police, et plus de 300 arrestations. 


Changement de garde à Matignon 


Dans ce contexte de forte contestation, François Bayrou a perdu la confiance du Parlement. Son gouvernement est tombé. Sébastien Lecornu, proche du président Emmanuel Macron, a été nommé Premier ministre. Son arrivée coïncide avec un moment de forte tension, puisqu’il hérite immédiatement d’un climat de crises multiples : économique, sociale, politique. 


 Les conséquences : incertitudes et risque de polarisation.


Les sondages montrent un électorat divisé, qui craint une montée du populisme ou du nationalisme, dans la mesure où l’agitation sociale pourrait profiter à l’extrême droite. 


Sur le plan économique, plusieurs signaux sont préoccupants :


une croissance modeste pour 2025, estimée à ~0,7 %, avec des prévisions plus faibles pour 2026-2027 suite à l’incertitude politique. 


le renchérissement de l’euro, la hausse des prix du pétrole, et une inflation qui reste volatile. 


des perturbations importantes dans les services publics, les transports, et potentiellement dans l’énergie si les mouvements se prolongent ou s’intensifient. 



 Le climat : un contexte déjà sous haute pression 


Au-delà de la contestation politique, le pays fait face à des phénomènes climatiques extrêmes : vagues de chaleur inhabituelles, feux de forêt importants, sècheresse marquée. Ces phénomènes renforcent le sentiment d’urgence. Le ministre de l’Écologie qualifie l’été 2025 de « tournant » dans la manière dont la France, et plus largement l’Europe, devront faire face au changement climatique. 


 Réflexions et perspectives 


Ces tensions montrent à quel point les choix budgétaires – souvent techniques – peuvent avoir des répercussions profondes sur la cohésion sociale.


Le nouveau gouvernement devra naviguer entre la nécessité de redresser les comptes publics et l’impératif d’apaiser le mécontentement populaire.


La défiance accrue envers les institutions politiques, nourrie par la perception d’injustice ou de non-écoute, pourrait durer au-delà de la crise actuelle.


Enfin, avec le changement climatique venant s’ajouter comme couche supplémentaire de vulnérabilité, le débat ne porte plus seulement sur la redistribution, mais aussi sur la capacité à anticiper des crises multiples.